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Être volontaire pour une ONG marocaine dont la mission est de protéger l’Enfant

En septembre 2015 commençait pour moi une nouvelle vie professionnelle, celle de coopérante volontaire de l’IBCR. Mon mandat d’une durée de 8 mois est de renforcer les capacités en gestion organisationnelle d’un partenaire de l’IBCR au Maroc, l’Association Bayti (BAYTI).

Être coopérante volontaire à mon sens, c’est un merveilleux mélange entre être une experte généraliste (ou une généraliste experte), la représentante d’un consortium, une bénévole, une étudiante, une collaboratrice et une consultante. C’est aussi vivre un choc culturel important, sortir de ses repères et essayer d’en créer d’autres rapidement, observer pour mieux accompagner, accepter que ses expertises ne sont pas toutes applicables tel quel, avoir une gestion du temps très différente, vivre un décalage entre ce qui est convenu par écrit et ce qui est attendu réellement, ne jamais imposer et toujours favoriser une approche collaborative pour le bénéfice du partenaire, savoir se remettre en question, être créative et savoir se faire confiance.

Être coopérante volontaire, c’est aussi un très grand privilège, celui de pouvoir vivre le quotidien de personnes engagées dans leur mission, d’apprendre chaque jour par le partage naturel de nos expertises respectives, de mieux comprendre les défis et enjeux des organisations au sein desquelles nous sommes envoyés en tant que coopérants, d’ouvrir nos horizons culturels et ne pas juger, de rencontrer et apprécier de nouvelles personnes qui deviendront sûrement vos amies, de se découvrir de nouvelles « aptitudes » lorsque des obstacles se présentent à vous et celui, indéniable, de découvrir un pays si on ne le connaît pas déjà.

L’ONG au sein de laquelle j’effectue mon mandat fête ses 21 ans d’existence cette année. Créée en 1995 sur l’initiative d’une femme, Najat M’jid, pédiatre, après un constat accablant sur la détention des enfants en situation de rue lorsque la police les embarque. Avec le soutien de l’ONG Terre des Hommes, BAYTI sera la première au Maroc à élaborer un programme offrant une alternative à l’emprisonnement des enfants de la rue. Au fil des années, l’association est devenue une référence non seulement au Maroc, mais aussi au-delà de ses frontières.

Sa mission s’articule désormais autour de trois axes : la protection de l’enfant contre toute forme d’exclusion et d’exploitation, sa réintégration psychosociale et familiale et la promotion et la défense des Droits de l’enfant selon le respect des principes de la Convention internationale des droits de l’enfant.

Les enfants pris en charge par l’association rencontrent plusieurs typologies : enfants en situation de rue, enfants travailleurs, enfants victimes de maltraitance, enfants victimes d’exploitation sexuelle et enfants en contact avec la loi. Les équipes de BAYTI ont développé et perfectionné un dispositif d’accompagnement psychosocial, familial, scolaire, socioprofessionnel, juridique et administratif afin de favoriser non seulement la réinsertion dans la vie familiale et sociétale, mais aussi la réinsertion scolaire et professionnelle pour les enfants et les jeunes pris en charge.

En parallèle à ses activités directes auprès des enfants, BAYTI se positionne aussi comme organisation de référence et dispense des formations internes et externes que ce soit au niveau de la prise en charge d’enfants en situation difficile ou encore sur des notions juridiques liées au droit de l’enfant. Les professionnels de BAYTI ont ainsi développé une grande expertise en plaidoyer et s’associent à d’autres partenaires locaux ou internationaux afin d’influencer les politiques publiques et l’évolution des cadres législatifs en matière des droits de l’enfant.

Alors que les activités de BAYTI ne dégagent aucun revenu financier ou presque, son existence est entièrement dépendante de bailleurs de fonds et de donateurs. Si l’on s’attarde un peu plus sur la répartition des fonds qui permettent à l’Association de mener à bien sa mission et ses activités, moins de 20 % des fonds proviennent des différents paliers gouvernementaux marocains. Un tout petit pourcentage est attribuable à des donateurs privés. Le reste, soit près de 80 %, émane d’organisations ou de gouvernements internationaux.

Les dernières années ont été difficiles financièrement et des choix ont dû être faits afin d’assurer une certaine pérennité. Personnel non remplacé lors de départs (retraite, départ volontaire, contrat échu), programmes coupés, il est difficile dans ces conditions d’optimiser la gestion de l’association et d’avoir une vision stratégique à long terme. Pourtant, l’équipe en place ne baisse jamais les bras et toutes et tous se mobilisent jour après jour autour de la protection des enfants en situation difficile, leur première mission !

Source: http://www.asfcanada.ca/fr/blogue/billet/etre-cooperante-volontaire-au-sein-d-une-ong-marocaine-dont-la-mission-est-de-proteger-l-enfant/313

A propos de Atika Doghmi

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